Billetterie

Shampoo

de Hal Ashby , États-Unis , Hal Ashby

À la veille des élections présidentielles de 1968, George (Warren Beatty), coiffeur à Beverly Hills, use de ses charmes pour collectionner les conquêtes. Mais il voudrait surtout se mettre à son compte et installer son propre salon. Felicia (Lee Grant), l’une de ses maîtresses, décide de lui présenter son milliardaire de mari, qui a lui-même pour amante Jackie (Julie Christie), ex-petite amie de George. Tous ces protagonistes se retrouvent dans un dîner électoral…

shampooServi par des acteurs éblouissants (Warren Beatty, Julie Christie et Goldie Hawn notamment), Shampoo est une comédie qui cache à peine une satire sociale bien trempée. N’hésitant pas à choquer volontairement, à travers cette étude des mœurs sexuelles et sociales de la fin des années 1960, Ashby ne s’encombre pas du moindre enrobage, dans une forme qui évoque parfois le vaudeville, auquel il empreinte l’unité de temps, le quiproquo et les situations loufoques. Le vernis sophistiqué s’écaille pour laisser voir les dessous du pouvoir, la superficialité d’un monde hypocrite et malsain. Hal Ashby décrit avec brio les faux-semblants de ce milieu, l’argent gaspillé dans les à-côtés des campagnes électorales, que le cadre soit un dîner élégant ou une villa hippy. Avec une efficacité déconcertante, le regard acerbe du cinéaste fait passer le spectateur de la comédie jubilatoire à son opposé, du rire franc à la consternation impuissante. « Les cinéastes américains retournent leur regard sur l’Amérique, désenchanté et cruel, lit-on dans Cinématographe en janvier 1976. La Californie gorgée de richesses, mais morne comme un patapouf boulimique et repu. De la journée ébouriffée d’un coiffeur de charme ressort la dispersion des langages : dialogues décousus, répétitions incessantes de mots vides de sens, incompréhension et incommunicabilité. Seul le langage de l’argent et du sexe subsiste. » Grâce à la justesse des dialogues et la vivacité du montage, art dans lequel Ashby excelle toujours, Shampoo dépeint une Amérique qui a perdu ses repères : lorsqu’un riche homme d’affaires partage la même piscine que les contestataires de la beat generation, les contours de la subversion deviennent flous, et les dents grincent. Le film est sorti au moment du scandale du Watergate, hasard du calendrier qui en fait une toile de fond bienvenue aujourd’hui. Au-delà du contexte, Shampoo fut nominé à trois reprises dans la course aux Oscars (dont celui du scénario) ainsi qu’aux Golden Globes (en grande partie pour les prestations des comédiens).

Warren Beatty à tous les postes
Huit ans après Bonnie and Clyde (Arthur Penn, 1967), Warren Beatty, en plus de son métier d’acteur, reprend le chemin de la production. Pour Shampoo, il devient aussi pour la première fois scénariste, poste qu’il reprendra à plusieurs reprises comme pour Le Ciel peut attendre (Heaven Can Wait) qu’il coréalise avec Buck Henry en 1978 ou Reds qu’il réalise seul en 1981. Aux dernières nouvelles, Beatty, qui s’est toujours fait rare, aurait retrouvé le chemin des plateaux pour un tournage prévu à l’automne 2013.

Nixonien
Le film se déroule la veille de l’élection de Richard Nixon à la Maison-Blanche en 1968. Et il est sorti aux États-Unis quelques mois après le dénouement du Watergate qui vit le président américain démissionner.

Les débuts de Leia
C’est dans Shampoo que Carrie Fisher fait ses débuts sur grand écran. Elle sera par la suite mondialement connue grâce à son personnage de la Princesse Leia dans la première trilogie Star Wars.



Shampoo
Réalisation : Hal Ashby
Scénario : Robert Towne, Warren Beatty
Photo : László Kovács
Musique : Paul Simon
Montage : Robert C. Jones
Décors : Richard Sylbert
Costumes : Anthea Sylbert
Production : Warren Beatty, Persky-Bright / Vista, Columbia Pictures, Rubeeker Films
Interprètes : Warren Beatty (George), Julie Christie (Jackie), Goldie Hawn (Jill), Lee Grant (Felicia), Jack Warden (Lester), Tony Bill (Johnny Pope), George Furth (M. Pettis), Jay Robinson (Norman), Ann Weldon (Mary), Luana Anders (Devra), Randy Scheer (Dennis), Susanna Moore (Gloria), Carrie Fisher (Lorna), Mike Olton (Ricci), Richard E. Kalk (le detective Younger), Ronald Dunas (Nate), Hal Buckley (Kenneth), Jack Bernardi (Izzy), William Castle (Sid Roth), Brad Dexter (le sénateur East)


Sortie aux États-Unis : 11 février 1975
Sortie en France : 23 juillet 1975

COPIE  RESTAURÉE
Sony Columbia
Avant-première mondiale

Distributeur : Park Circus
Le film été restauré en 4K à Colorworks, Sony Pictures. Le négatif original a été scanné en 4K à Cineric, à New York. La restauration numérique de l’image pour la correction des défauts a été achevée à Colorworks et à Prasad Corporation en Inde, et la restauration du son à Chace Audio by Deluxe. La création du Master 4K, l’étalonnage, la fabrication du DCP 4K et des éléments 35mm de conservation ont été achevés à Colorworks. Restauration supervisée par Grover Crisp, pour Sony Pictures.



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